• Mutation gène MTHFR

    Le Groupe de génétique médicale des IRSC compte de nombreuses années d'existence. Le Dr Charles Scriver (à gauche) et le Dr Clarke Fraser l'ont créé en 1972. Le Dr Rima Rozen (deuxième de la gauche) s'est jointe au groupe dans les années 70 comme étudiante diplômée au laboratoire du Dr Scriver et elle en est maintenant la directrice. Le Dr David Rosenblatt (deuxième de la droite) et le Dr Eric Shoubridge (extrême-droite), tous deux du CUSM, sont également membres du groupe. Absents de la photo : le Dr Roy Gravel, le Dr Robert MacKenzie, le Dr Mark Trifiro et le Dr Andrew Karaplis.

    En ce moment, le laboratoire du Dr Rozen effectue des études sur l'animal sur le rôle de l'acide folique, type de vitamine B, dans le cancer. « Des données épidémiologiques en nombre suffisant nous indiquent que, pour prévenir le cancer colorectal, il faut satisfaire aux besoins quotidiens en folate. Nous traitons des souris avec une nouvelle thérapie et observons une réduction de la croissance tumorale », dit-elle.

    Le Dr Rozen ajoute que son équipe est également sur le point de publier une étude sur l'acide folique et les malformations cardiaques congénitales chez les souris. « Nous avons établi que des mutations du gène MTHFR (méthylènetétrahydrofolate réductase) et un régime faible en acide folique élèvent le risque de malformations cardiaques congénitales chez les enfants et le risque de complication de la grossesse », dit le Dr Rozen. « Les mères qui prennent suffisamment d'acide folique au cours de la grossesse pourraient être en mesure de prévenir ces problèmes. »

    Avec le Dr David Rosenblatt, attaché à l'Hôpital général de Montréal, le Dr Rozen offre également le diagnostic anténatal des homocystinuries, maladies graves qui causent des caillots sanguins et des problèmes neurologiques chez les très jeunes enfants et qui entraînent souvent la mort dans les premières années de vie.

    Le laboratoire du Dr Rosenblatt est l'un des deux seuls au monde en mesure de diagnostiquer les troubles associés à l'acide folique et à la vitamine B12. Il déclare que son travail est très axé sur le patient. « Nous avons pu classer les patients en divers types de groupes, trouver les bases génétiques de la maladie dans ces groupes puis, avec nos collaborateurs, cloner les gènes, trouver les mutations causant la maladie et revenir vers les familles pour suivre les porteurs et, dans certains cas, établir un diagnostic prénatal. »

    Le Dr Eric Shoubridge, qui travaille au sein du groupe des IRSC depuis cinq ans, étudie les maladies mitochondriales. Chaque cellule de l'organisme dépend de l'énergie produite par le système mitochondrial. « Quand ce système fait défaut, on obtient une déficience de la cellule, de l'organe, et finalement de tout l'organisme », explique-t-il.

    « Dans un grand nombre de ces maladies, la pathologie est si grave qu'il n'y a aucune option thérapeutique sérieuse à cause du nombre d'organes qui sont affectés », dit-il. Dans ces cas, la maladie se manifeste très tôt dans la vie, et l'enfant ne peut survivre. Dans certains cas, le Dr Shoubridge peut offrir un test prénatal aux couples qui ont déjà donné naissance à un enfant porteur de la maladie.

    Il ajoute que, les mitochondries étant largement répandues dans les cellules de l'organisme, les maladies mitochondriales peuvent prendre diverses formes, notamment la cardiopathie, la maladie neurodégénérative ou la maladie du sang. « Nous voulons trouver pourquoi ces maladies produisent de tels effets spécifiques aux tissus étant donné que toutes les cellules ont des mitochondries et que toutes ont besoin d'énergie... On ne comprend pas bien pourquoi le cœur serait affecté dans le cas de certaines mutations, et le foie dans d'autres », dit le Dr Shoubridge. Il espère également approfondir ses connaissances pour traiter les maladies mitochondriales les moins graves, qui se manifestent à l'adolescence ou à l'âge adulte.

    Outre les chercheurs du CUSM, le groupe compte quatre autres chercheurs principaux. L'ancien directeur du groupe, le Dr Roy Gravel, travaille maintenant à l'Université de Calgary, mais demeure très engagé dans les études qui se font à Montréal. Il étudie les gènes dans les voies métaboliques de l'acide folique et de B12 et les mécanismes par lesquels des mutations de ces gènes produisent des maladies. À l'Université McGill, le Dr Robert MacKenzie se penche sur la structure et la fonction des protéines qui transmettent l'acide folique aux diverses parties de la cellule. Le Dr Mark Trifiro, à l'Hôpital général juif (HGJ), étudie les mutations du récepteur de l'androgène, hormone mâle, et le Dr Andrew Karaplis, également à l'HGJ, s'intéresse aux maladies osseuses et à l'ostéoporose. Il étudie les hormones, notamment l'hormone parathyroïdienne, et la régulation qu'elles exercent sur l'utilisation du calcium.

    Le pionnier qui a lancé ce groupe il y a 32 ans a pris sa retraite en 1999, mais il n'est pas encore prêt à accrocher sa blouse de chercheur. Le Dr Scriver s'emploie à trouver de nouveaux traitements pour la phénylcétonurie. Les personnes atteintes de cette maladie n'ont pas l'enzyme qui métabolise la phénylalanine, un acide aminé présent dans les aliments. L'accumulation de cet acide entraîne des troubles cérébraux. Le Dr Scriver et ses collègues travaillent sur deux méthodes visant à améliorer le traitement de la maladie, l'une agissant comme substitut de l'enzyme manquante et l'autre qui pourrait enclencher le processus de métabolisme en fournissant une quantité excessive d'une autre enzyme en jeu.

    « Je ne suis pas un membre actif du groupe, mais j'ai découvert une nouvelle forme de liberté, celle des "sans subventions et sans prix de carrière", dit-il en riant. J'ai vécu toute ma vie à McGill sur les prix de carrière et les subventions. Depuis que j'ai pris ma retraite, je m'amuse à dire que j'ai le loisir de travailler à temps plein. » Il s'empresse d'ajouter : « J'adore travailler à McGill, une maison merveilleuse, très soutenante. »

    Le Dr Scriver a assisté récemment aux 25 ans de service à McGill du Dr Rozen et a souligné son histoire au sein du groupe des IRSC. « Je pense que c'est merveilleux qu'elle soit arrivée dans le groupe dans les années 1970 comme étudiante diplômée travaillant avec moi et qu'elle soit maintenant directrice du groupe. »

    - Balbir Gil


    Leonie Mikael, postdoctorante au laboratoire du Dr Rima Rozen, étudie l'effet de fortes concentrations plasmatiques d'homocystéine (acide aminé généralement présent dans le sang) sur les protéines porteuses du cholestérol, appelées apolipoprotéines. Elle effectue cette recherche sur des souris déficientes à l'égard du gène MTHFR (méthylènetétrahydrofolate réductase).

    Quelques réalisations des membres du groupe de recherche génétique

    • Découverte d'une variation courante dans une enzyme métabolisant l'acide folique, premier facteur de risque de la malformation congénitale du spina-bifida. Cette découverte a enrichi l'ensemble des connaissances, justifiant l'ajout d'acide folique aux aliments, comme les pâtes, depuis 1999.
    • Découverte d'un certain nombre de défauts génétiques dans un groupe de maladies qui entraînent souvent la mort en bas âge, les homocystinuries, et établissement d'un diagnostic prénatal pour ces maladies.
    • Tests diagnostiques faisant appel aux lignées cellulaires de patients provenant du monde entier. (Les lignées cellulaires, contrairement aux patients, peuvent se déplacer partout dans le monde.)
    • Découverte et isolement du gène clé du métabolisme de l'acide folique, la méthylènetétrahydrofolate réductase (MTHFR), et découverte d'une variante courante qui accroît la prédisposition à la cardiopathie, à certaines malformations congénitales et aux complications de la grossesse.
    • Découverte et isolement des gènes responsables de deux formes d'acidurie méthylmalonique, trouble héréditaire empêchant l'organisme de métaboliser correctement les lipides.
    • Découverte et isolement du gène mitochondrial qui est le plus souvent en cause dans le syndrome de Leigh, maladie causée par une mutation d'un gène mitochondrial et entraînant des troubles cérébraux.
    • Établissement d'une définition du conseil génétique acceptée à l'échelle internationale (Clarke Fraser).
    • Au Québec, ajout de vitamine D au lait pour prévenir le rachitisme.
    • Programme de dépistage des porteurs de la maladie de Tay-Sachs, maladie neurologique héréditaire grave, et des porteurs de la thalassémie bêta, type d'anémie héréditaire.
    • Utilisation d'un test établi par le Dr Scriver et ses collègues pour le dépistage néonatal de la phénylcétonurie, trouble héréditaire menant, s'il n'est pas traité, à la destruction de parties du cerveau.

     


  • Commentaires

    1
    perlounette
    Jeudi 15 Janvier 2009 à 02:46
    si vous avez des des commentaires perlounette1@hotmail.com
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :