Le Mediateur de la république
Les propositions de réformes : enfants nés sans vie
Le code civil stipule quun « acte denfant sans vie » est délivré aux parents pour « un enfant mort-né après quatre mois et demi de grossesse » ou pour un enfant né vivant mais non viable et décédé avant la déclaration de naissance.
Même si le nombre denfants morts-nés ou nés sans vie est limité entre 3 000 et 5 000 par an pour un peu moins de 800 000 naissances-, « il ne sagit pas moins de situations particulièrement douloureuses nécessitant un traitement humain susceptible daccompagner au mieux les familles dans leur processus de deuil », écrit le Médiateur dans ses propositions de réforme adressées le 7 Juin 2005, à Xavier Bertrand, Philippe Bas et Pascal Clément, qui ont déjà témoignés au Médiateur leur intérêt et leur sensibilité à ce sujet.
Le congé paternité
« Or certaines dispositions en matière de droits sociaux vont clairement à lencontre de cet objectif », ajoute-t-il, citant « limpossibilité daccorder les indemnités journalières dues au titre du congé de paternité lorsquest produit un acte denfant sans vie ».
Le Médiateur souhaite que ces pères puissent obtenir les indemnités de ce congé de onze jours, en vigueur depuis la loi de décembre 2001, ce qui implique une modification du code de sécurité sociale.
Le livret de famille et lattribution du nom
« Les parents denfants nés sans vie formulent plus particulièrement deux demandes que jestime légitimes », souligne en outre Jean-Paul Delevoye.
« Ils souhaitent, tout dabord pouvoir disposer dun livret de famille afin de pouvoir y inscrire leur enfant ainsi décédé. »
En effet, lorsque les parents de lenfant mort-né ne sont pas mariés et ou nont pas dautre enfant, ils ne possèdent pas de livret famille : la consignation de lévénement est donc impossible.
« Les parents veulent également que soit crée le droit de reconnaître un enfant né sans vie dans le but de lui attribuer une filiation et un nom ». Ceci implique une adaptation profonde de notre droit. Le Médiateur préconise quune étude soit confiée à un groupe de travail piloté par le ministère de la Justice ayant pour mission dexplorer les possibilités de faire évoluer le droit français dans un sens plus favorable aux familles.