La plupart du temps, la naissance est une formalité. Mais elle peut devenir d'une grande complexité lorsque c'est la mort, et non la vie, qui est au rendez-vous. Fausses couches, interruptions médicales de grossesses, réductions embryonnaires, décès périnatals... Ces morts précoces qui ne bénéficient pas encore d'une parole publique laissent les parents à la solitude de leur chagrin et à leur sentiment de culpabilité. N'est-il pas primordial que les parents, même si cela est douloureux, voient leur enfant ? Qu'ils le prénomment ? Qu'ils le déclarent ? Qu'ils accomplissent des rituels de deuil et inscrivent le non-né dans l'histoire familiale ? Médecins, sages-femmes, anthropologues, philosophes et psychanalystes se sont interrogés sur leur rôle face à cette mort brutale, insolente, qui surgit au sein même d'une autre vie : comment, se demandent-ils,accompagner ces patients sur le chemin de leur deuil ?